Un appel de « votre banque » qui exige votre code, un SMS de livreur à payer, un fichier « facture » qui chiffre vos serveurs… En Afrique de l'Ouest, ces attaques font des victimes chaque semaine — et les PME sont les cibles préférées. Voici les arnaques les plus fréquentes dans l'UEMOA et les réflexes qui vous protègent, sans matériel coûteux.
C'est l'arnaque n°1 dans la zone UEMOA. Un « conseiller » vous appelle, souvent avec un numéro qui ressemble à celui de votre banque (technique du spoofing), et vous annonce une « transaction frauduleuse de 850 000 FCFA » sur votre compte. Pour la bloquer, il vous demande de « vérifier » votre code secret, ou le code de validation reçu par SMS — surtout si vous utilisez Wave, Orange Money ou MTN MoMo.
Le piège est psychologique : l'urgence. Vous n'avez pas le temps de réfléchir, vous donnez le code, et le compte est vidé en quelques minutes. La règle est pourtant simple : aucune banque, aucun service de mobile money ne vous demandera jamais votre code par téléphone ou par message. Raccrochez et rappelez vous-même le numéro officiel, pas celui qui vient de sonner.
Le phishing « à l'africaine » passe par les canaux du quotidien : SMS et WhatsApp. Les variantes les plus courantes : le faux livreur qui réclame 500 FCFA de « frais de douane » pour un colis que vous n'avez jamais commandé, le faux message « votre compte Wave est bloqué, cliquez ici », ou le lot gagné qui demande vos coordonnées bancaires.
Le réflexe qui sauve : ne cliquez jamais depuis un message. Tapez l'adresse du site vous-même, appelez le numéro officiel, et méfiez-vous de toute demande d'accès à distance venant d'un inconnu.
Le rançongiciel (ransomware) progresse dans les PME africaines. Le scénario type : un employé ouvre une pièce jointe Word ou Excel « facture impayée » ou « dossier de commande », une macro s'exécute, et tous les fichiers de l'entreprise sont chiffrés. Le message exige une rançon en crypto-monnaie — souvent 200 000 à 2 000 000 FCFA — pour rendre les données.
Autre porte d'entrée fréquente : un serveur ou une caméra exposé directement sur Internet avec un mot de passe faible, que les attaquants scannent automatiquement. Une fois dedans, ils installent un rançongiciel ou volent vos données clients.
| Réflexe | Coût (FCFA) | Protège contre |
|---|---|---|
| Double authentification (banque, email, mobile money) | 0 | Piratage de comptes |
| Sauvegarde automatique sur disque externe + cloud | 25 000 – 100 000 | Rançongiciels |
| Interdiction de communiquer un code par téléphone | 0 | Faux appels bancaires |
| Formation de 30 minutes des employés (phishing) | 0 | Phishing, SMS frauduleux |
| Antivirus + pare-feu à jour sur tous les postes | 0 – 60 000/an | Logiciels malveillants |
La sauvegarde est votre seule vraie protection contre un rançongiciel : si vos données sont restaurées en quelques heures, la rançon n'a plus aucun intérêt. Testez la restauration au moins une fois par trimestre — une sauvegarde jamais testée est une sauvegarde inexistante.
Ne payez jamais la rançon : rien ne garantit la restitution des fichiers. Signalez immédiatement à votre banque (pour geler les comptes), changez tous les mots de passe depuis un appareil sain, et déclarez l'incident à la plateforme nationale de lutte contre la cybercriminalité (la PLCC en Côte d'Ivoire) — les signalements permettent d'identifier les réseaux et de protéger d'autres entreprises. Enfin, isolez les machines infectées du réseau avant qu'elles ne contaminent le reste.
Chez Sira-Tech, nous réalisons des audits de cybersécurité pour les PME en France et en Côte d'Ivoire : test de phishing de vos employés, vérification de vos sauvegardes, durcissement de vos comptes bancaires et mobile money. Un audit simple coûte souvent moins cher qu'une seule arnaque réussie.
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